L'orgasme de la vallée

L’orgasme de la vallée.


Si vous avez vu Avatar ou surtout Cocoon, vous avez peut-être été subjugués comme moi par la scène où un humain fait l’amour avec une extra-terrestre de manière … extra-terrestre.


Depuis que j’ai vu Cocoon il y a 30 ans, j’ai eu ce pré-sentiment que la sexualité pouvait être quelque chose d’aussi délicat, subtil et intense. Deux personnes se faisant l’amour par échange de lumière. Il y avait cette petite voix à l’intérieur de moi qui disait que c’était possible, que ce n’était pas un fantasme. 


La petite voix avait raison ...


Sur mon chemin d’évolution personnelle, j’ai découvert ce qu’on appelle dans certains tantras « L’orgasme de la vallée ». 


L’orgasme sexuel classique est appelé « L’orgasme de la montagne » parce que l’excitation et le plaisir montent. Puis ils atteignent un sommet où il y a une explosion d’énergie et de plaisir. Ensuite, tout redescend. Vite pour les hommes. Plus lentement pour les femmes. Mais ça descend d’où l’image de la montagne avec une première phase où on monte, et une deuxième où on descend.


L’orgasme de vallée arrive au contraire après un maintien du désir et de l’excitation à un niveau assez bas mais un niveau de conscience et d’attention élevés. Rien à voir avec les scènes érotiques d’amants passionnés au cinéma. Ici, il n’y a pas de passion d’ailleurs … mais de l’amour. La pratique est très simple. C’est une vraie méditation. Très intime.


La première fois que je l’ai vécu, cela devait faire trois quart d’heure que nous étions, avec ma partenaire quand s’est arrivé. Nous étions habillés. Sans pénétration. J’ai ressenti une sensation d’un pénis qui entrait dans le corps de ma partenaire. C’était une sensation. Une impression. Physiquement, ce n’était pas du tout le cas puisque nous étions habillés. Mais au niveau du ressenti c’était bien le cas. C’est comme regarder un hologramme. On voit un quelque chose. On sait que ce n’est pas solide ni palpable. Mais il y a bien quelque chose. Et là, mon ressenti du pénis qui pénètre ma partenaire c’était comme ça. Il y a un ressenti qui était bien réel. Ce n’était pas le ressenti que j’aurai eu s’il y avait eu effectivement pénétration. Mais entre rien, c’est à dire 0 %, et une sensation vraiment physique 100 %, il y a de la marge. Et là, j’étais à 40-70 %. Comme nous verbalisions les ressentis, j’ai entendu que ma partenaire ressentait aussi cette pénétration …. et c’est là que la magie commença. 


Le ressenti se faisait de plus en plus clair. En même temps, c’était subtil, fragile. Il fallait garder une grande attention pour le percevoir. Je sentais mon pénis grandir doucement dans le ventre de ma partenaire. Il s’allongeait petit à petit puis ça s’est arrêté. Ou plutôt, que ce pénis buttait sur une barrière. Ça a duré de longues minutes. Cette sensation de pousser, de butter. De vouloir aller plus profondément et de dépasser cette barrière. Tentative après tentative, tout en douceur, mais à chaque fois bloqué par un voile invisible. 


Puis l’impression que le voile s’ouvre. Un tout petit peu. Un tout petit trou. Tout le pénis ne passait pas … seul un rayon lumineux (c’est imagé mais c’était cette sensation) traversait le mur. Un fil d’énergie.


Ensuite, une fois que le fil de lumière est arrivé à passer à travers la paroi, c’est comme si il avait touché le cœur de ma partenaire. Et là, même si le contact entre le pénis énergétique et son cœur était minime, toute l’énergie du corps de ma partenaire et du mien se mélangeaient. Comme quand il y a deux gouttes d’eau très proches sur la table ne se touchant pas et qu’on les connecte avec un cheveu. D’un coup, paf, les deux gouttes d’eau deviennent une grosse patatoïde (pour les non matheux, ça signifie qui a la forme d’une patate). Un grand moment d’effondrement intérieur, très doux, paisible et intense. Plus rien de dur n’existait en moi. Un relâchement total en profondeur. Toute résistance, toute rigidité avaient disparu. Un grand sentiment de bonheur, de gratitude, d’amour et d’émerveillement était là. Cette femme devant moi était la seule chose qui comptait. Rien d’autre n’existait. Le monde de dehors n’avait pas de sens. Il n’y avait plus de rues, de ville, de gens, de travail, de famille ou d’amis. Il y avait juste cette personne devant mes yeux. Simple. Vraie. Réelle. 


Une vague d’émotion est arrivée. Les larmes venaient doucement à mes yeux. Goutte après goutte. Puis progressivement, c’est deveniu un vrai torrent. Je ne sais plus ce qui était le plus émouvant pour moi. Etait-ce de voir que la vie était magnifique, que cette femme était tellement tellement précieuse. Ou étais-je ému de découvrir à quel point je pouvais m’émouvoir, à quel point ce cœur dans ma poitrine était immense, à un point jusqu’alors insoupçonné, que mon essence était amour, lumière, vide, tout ! Sûrement les deux. 


C’était magnifique, grandiose et en même temps tellement subtil, fragile et délicat. Un contraste vraiment étonnant entre une vague d’amour, de gratitude à vous faire exploser la poitrine et en même temps une connexion fragile comme une bulle de savons. C’est ça oui. Une bulle de savon sur laquelle se reflète tout un paysage. Alors d’un côté il y a la grandeur du paysage avec ses couleurs, ses formes, ses lumière. Et de l’autre côté, tout peut s’évanouir en un instant. 


Donc des larmes qui coulaient à flot. J’étais subjugué, empli de reconnaissance pour cette amie qui m’avait ouvert son cœur et son âme. 


La sensation qu’une douce chaleur/lumière/énergie partait du sexe, du désir et se propageait à tout le corps entier. Alors ‘orgasme sexuel’ oui, ça a un sens de l’appeler comme ça. Mais c’était tellement plus doux, plus léger, plus grand, plus profond. En fait, pour moi, tout ce que j’aurais pu imaginer comme plaisir, extase a été dépassé. C’était lit-té-ra-le-ment un bain d’amour. 


Nous nous somme dit « Je t’aime » comme jamais avant. C’était un « Je t’aime » éphémère mais d’une signification sans précédente. C’était un « Je t’aime » à l’autre mais aussi à soi, à la vie, à la lumière, à la conscience, à l’existence, aux émotions … en fait c’était pour dire « Je suis profondément heureux de vivre cet instant ».


La vibration a duré plusieurs heures après. C’était tout bonnement extra-ordinaire.


Depuis ce jour, « faire l’amour » avait pris un autre sens. Le vrai sens avec le mot ‘amour’.


Depuis, faire l’amour est une forme de méditation, une expérience de conscience et d’attention, à soi et à l’autre, d’expression des ressentis.



Duy

J2ghazg2slzyx0incsxf
Thèmes évoqués : 

Membres concernés : 

Témoignage écrit par :
Duy
Créateur de Bilobaba

Des questions ou des commentaires ?

C'est ici :